Bibliothèque des Phares

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Au service des phares

Phares et balises

Au milieu du XIXe siècle, le Service des phares multiplie les aides à la navigation de jour et de nuit, afin de guider les marins au plus près des côtes, construisant des amers artificiels, des tourelles en maçonnerie et en béton, mouillant des bouées lumineuses à gaz. Une politique de balisage se met en place au niveau national, puis international. Chaque pays développe en effet ses propres signaux.

Une flotte spécifique composée de bateaux de travaux et de grands baliseurs est constituée pour la maintenance de ce réseau disséminé sur tout le littoral. Ces bateaux sont attachés à des parcs de balisage où sont installés des ateliers. Il y a aujourd'hui 35 parcs ou « subdivisions » des phares et balises. Les 775 agents des phares et balises entretiennent plus de 8 200 aides à la navigation (6 400 en métropole) dont 150 grands phares (130 métropole 20 outre-mer).

Le phare a sa signature

 « Ah ! Si je me souviens des phares ! (…) En vue des côtes, la nuit, nous naviguions, angoissés, un œil sur leurs éclats ou leurs occultations, l'autre sur l'un des Feux et signaux de brume (…). Nous ne pouvions pas nous tromper, chaque tour ayant son nom, ses lueurs, sa hauteur et son site ».

Le philosophe Michel Serres, ancien élève de l'Ecole Navale, évoque dans Biogée (2010) la manière dont les marins reconnaissent un phare.

Chacun est défini par un caractère – fixe, à éclats, à occultations, scintillant –, un rythme, régulier ou groupé, une période de répétition du signal, une couleur – blanc, rouge, vert – une élévation au dessus du niveau de la mer et une portée en milles.

Les sons de la mer

La signalisation visuelle, diurne ou nocturne, touche ses limites quand apparaît le plus dangereux ennemi du marin: la brume. Même les feux les plus puissants ne peuvent la percer. Des aides sonores sont donc nécessaires. Dans les années 1850, les ingénieurs testent toutes sortes d'objets sur le Champ de Mars, à Paris : cloches, trompettes, sifflets, et même tam-tams, gongs... Le choix se porte d’abord sur les cloches. De puissantes sirènes à air comprimé sont mises au point à la fin du XIXe siècle. Les besoins de la signalisation maritime ont donc contribué à l’invention d’une culture sonore dont la gamme s’étend du tintement discret de la cloche d’une bouée animée par le mouvement des vagues, au beuglement puissant de la corne de brume.

Des phares à la sécurité maritime

Au début du XXe siècle, les ingénieurs inventent les radiophares, que les bateaux repèrent grâce à un appareil appelé goniomètre. La Seconde Guerre mondiale transforme la radionavigation avec l'invention du radar. En 1973, le Pentagone conçoit un système de localisation mondial, le Global Positioning System (GPS), ouvert au domaine civil en 1990.

Ces changements technologiques interviennent alors que les risques maritimes changent de nature. Le transport de matières polluantes conduit les états côtiers à réviser leur politique de sécurité maritime dans les années 1970. Il faut surveiller les trafics et se tenir prêt à intervenir en cas de danger.

Les grands phares sont désormais un dispositif technique minoritaire dans l’ensemble des systèmes qui contribuent à la sécurité de la navigation.